Je propose de lire un petit poème d'Agrippa d'Aubigné A longs filets de sang ce lamentable corps Tire du lieu qu’il fuit le lien de son âme, Et séparé du cœur qu’il a laissé dehors, Dedans les forts liens et aux mains de sa dame, Il s’enfuit de sa vie et cherche mille morts. Plus les rouges destins arrachent loin du cœur Mon estomac pillé, j’épanche mes entrailles Par le chemin qui est marqué de ma douleur. La beauté de Diane ainsi que des tenailles Tirent l’un d’un côté, l’autre suit le malheur. Qui me voudra trouver détourne par mes pas, Par les buissons rougis, mon corps de place en place, Comme un vaneur baissant la tête contre bas Suit le sanglier blessé aisément à la trace, Et le poursuit à l’oeil jusqu’au lieu du trépas. Diane, qui voudra me poursuivre en mourant, Qu’on écoute les rocs résonner mes querelles, Qu’on suive pour mes pas de larmes un torrent, Tant qu’on trouve séché de mes peines cruelles Un coffre, ton portrait, et rien au demeurant. Les champs sont abr...
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